COVID19 et l’accélération des transformations numériques dans la logistique maritime

La logistique maritime est une composante indispensable du commerce international, car l’essentiel des expéditions mondiales transitent des pays d’origine aux pays de destination par des voies de communication maritimes. Les mises à niveau dans le secteur de la logistique maritime – en termes de voies et de moyens par lesquels le mouvement des marchandises a lieu – sont donc souvent en mouvement continu, un effort pour optimiser le processus d’expédition et les réalisations de bout en bout. Parallèlement aux progrès technologiques, les outils et applications numériques trouvent donc de plus en plus leur place dans la rationalisation des opérations et la sécurisation des mouvements de conteneurs et de marchandises sur les routes maritimes.

Les optimisations logistiques à l’aide d’outils numériques reposent sur trois actions essentielles. Premièrement, les adaptations des modèles commerciaux qui permettraient d’assouplir le mode de fonctionnement; deuxièmement, faire place à la numérisation des principaux domaines d’activité tels que la surveillance de la flotte, la documentation, les réseaux de communication homogènes entre les paquebots d’expédition et les terminaux portuaires et la gestion des revenus; et troisièmement, construire des fondations numériques en modernisant les systèmes permettant des cycles d’innovation plus courts, l’agilité et des solutions rapides. Par exemple, la technologie Blockchain est utilisée pour sécuriser le processus de documentation. L’optimisation des réseaux et des routines de fret, ainsi que le contrôle de la surveillance de l’activité de la flotte permettent d’améliorer les systèmes de gestion des navires. L’adoption de pratiques numériques attire également des talents analogues pour maintenir efficacement les entreprises.

En fait, 2 compagnies maritimes sur 3 ont déjà commencé à s’adapter aux méthodes numériques. Une étude menée par Transparency Market Research sur le marché du fret maritime a analysé la faisabilité de combiner des modèles manuels avec des processus numériques et a révélé que les transformations numériques sur le marché du fret maritime devraient atteindre 38,4 milliards de dollars sur les techniques de numérisation au cours des 28 prochaines années. Le taux de croissance annuel composé de l’industrie devrait être d’environ 10% entre 2019 et 2027, principalement en raison des développements des technologies de l’information.

La région Indo-Pacifique suivie de près par l’Amérique du Nord et l’Europe, en tête en termes de part dans les transformations numériques. Les graphiques suivants illustrent la croissance mondiale du secteur ainsi que la segmentation des services et des solutions logicielles:

Source: «Transformation numérique du marché du fret maritime: l’automatisation reste le moteur le plus performant», étude de marché Transparence.
Naviguer sur l’impact de COVID-19
Alors que l’industrie maritime s’est presque arrêtée dans la phase initiale des crises sanitaires mondiales en cours, elle se remet progressivement sur pied, bien que dans des circonstances sensiblement modifiées. Néanmoins, l’impact de COVID-19 devrait entraîner une accélération de la transition vers la numérisation. Cela s’explique en grande partie par le fait que les volumes de fret maritime ont fortement diminué au cours des derniers mois dans un contexte de fermetures mondiales et de demande en déclin à la fois en fin de consommation et en fabrication. Celles-ci ont à leur tour nécessité de développer des gains d’efficacité afin de rester compétitifs. Au milieu des évaluations qui suggèrent que le virus est susceptible de persister pendant encore quelques années, il devient de plus en plus évident que les industries et les entreprises devront s’adapter pour se maintenir dans les nouvelles réalités.

L’utilisation de services de livraison électronique (e-DO) basés sur le cloud, qui réduisent les tâches administratives et émettent des commandes sur plusieurs réseaux de lignes, minimise les points de contact papier dans un secteur qui est par ailleurs caractérisé par beaucoup de paperasse. Dans le cadre de COVID-19, des services comme ceux-ci sont d’autant plus pertinents pour respecter les réglementations de distanciation sociale qui sont et continueront selon toute probabilité d’être suivies dans le monde entier. Simultanément, la télésanté est un autre domaine qui peut aider les opérations au fur et à mesure qu’elles commencent. Des visites virtuelles en cabine et des consultations électroniques avec des médecins spécialistes conformément aux recommandations du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) contribueront à atténuer les préoccupations liées à la gestion de la santé en mer. L’introduction de solutions de paiement virtuel est une autre étape utile pour permettre aux gens de mer d’accéder à leur salaire et ainsi permettre à une large gamme d’options de versement d’être accédées et transférées par les entreprises et leur équipage.

Une caractéristique clé pour gagner un avantage concurrentiel est la fidélisation de la clientèle. À cet égard, l’engagement et la satisfaction des consommateurs sont devenus un défi pour les entreprises. Pour les industries de services comme le fret maritime, il est essentiel de maintenir en ordre les atouts et la réactivité des clients, ce qui offre un potentiel de numérisation important. La nécessité d’une transparence et d’une visibilité accrues en matière de réservation de fret, par exemple, nécessite un écosystème de plateformes connecté qui facilite une meilleure interface entre les clients et les opérateurs de navires.

Défis et perspectives clés
Une extension du champ de la numérisation va également creuser l’écart dans l’industrie entre les petits acteurs et les grands qui dominent déjà l’espace avant même la pandémie. Par exemple, les petits opérateurs de conteneurs et les transitaires seront désormais davantage désavantagés car ils sont moins équipés en termes de finances et de ressources pour mettre en pratique des systèmes numériques dans leur fonctionnement. D’un autre côté, les grandes entreprises qui détiennent la majorité de l’espace du marché disposent de tous les moyens nécessaires pour intensifier leurs opérations. Dans le même temps, contrairement au passé, le monde post-COVID est susceptible d’être caractérisé par des chaînes de valeur flexibles, une modification des fonctions de transport international de conteneurs, de multiples fournisseurs et transitaires dans le mouvement global vers la diversification de l’exposition au risque. Cela signifie qu’il est possible de rompre avec les modes d‘expédition traditionnels en s’appuyant sur des processus unidimensionnels.

Alors que la transition vers l’intégration de systèmes numériques avait commencé avant la crise sanitaire, elle a sans aucun doute été accélérée par l’impact de la pandémie, sa durée déjà prolongée et la reconnaissance du fait que bon nombre des anciennes pratiques ne seront pas tenables dans les circonstances actuelles ni dans le futur.

Plus de nos publication en cliquant ici

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*